Tournée en avril : Levallois (18).
Paris, théâtre Silvia-Monfort :
7, 8, 9, 10 mai.
Louis Aubert s'est éteint en 1968, dans un quasi-anonymat - un musicien trop discret, né en 1877, chanteur apprécié dans sa tendre enfance au point qu'il avait créé, à onze ans, le fameux « Pie Jesu » du « Requiem », de Gabriel Fauré, bien avant que le compositeur ne devienne son professeur au Conservatoire. Son oeuvre disparut avec lui, y compris cette « Forêt bleue » dont la première a eu lieu à Boston en 1913 et n'a été reprise à l'Opéra-Comique de Paris qu'en 1924.
En compagnie du Chaperon rouge, du Petit Poucet, de la Belle au bois dormant et de son prince, la promenade dans l'univers de Charles Perrault est plaisante, avec son cortège de peurs inconscientes et délicieuses. Dans l'adaptation de Mireille Larroche (fondatrice de La Péniche Opéra, coproductrice du spectacle) et Claude Lavoix, des rescapés de Sarajevo la racontent, un soir de Noël, autour d'un feu de camp. L'idée est généreuse, et la mise en scène subtile et fluide de Mireille Larroche gomme tout ce qu'elle pourrait avoir d'artificiel.
Formation de qualité
L'ouvrage fait la part belle à l'écriture chorale, magnifiquement diversifiée selon les personnages auxquels elle s'applique. C'est le jeune Choeur de Paris, guidé par Geoffroy Jourdain, qui officie, accompagné par l'Ensemble Ad Novem qui joue la transcription habile et équilibrée établie par Thibault Perrine et Cyrille Lehn. Même si, dans les parties solistes, certaines voix semblent un peu courtes et génériques de timbre, la musicalité de cette formation est d'une qualité qui donne envie d'en savoir davantage sur cette musique délicate et raffinée, qui garde dans ses couleurs douces et sombres quelque chose de l'enfance.

































